DOMactu - Information actualité antilles

Martinique | Infos Locales

Pauvreté : 10% des Martiniquais font appel à la banque alimentaire…

C'est aujourd'hui la journée mondiale du refus de la misère. A cette occasion, nous sommes allés à la rencontre de la banque alimentaire de Martinique (BAM) qui se bat, depuis 12 ans, pour « Aider l'homme à se restaurer dignement »
[ vendredi 17 octobre 2008 à 02:00:00 | DOMactu.com | Par François Thurenne ]

Le ton est grave pour Dominique Lecomte, président de la banque alimentaire de Martinique, qui depuis cinq ans, voit le nombre de demande d'aide grimper en flèche.

Alors qu'en 2003, 20 000 personnes faisaient déjà appel à leurs services, aujourd'hui c'est plus de 30 000 familles, jugées dans un état de grande pauvreté, qu'ils assistent.

Qu'il s'agisse de personnes privées d'emploi, de retraités, d'étudiants ou encore de travailleurs dans l'impossibilité de faire leurs courses, même dans les magasins hard discounts, le constat est édifiant : la misère frappe à toutes les portes !

La BAM, qui dépend de la fédération française des banques alimentaires, redistribue aux associations caritatives conventionnées de l'île, 600 tonnes de denrées alimentaires par an, qu'elle reçoit elle même d'entreprises locales, mais principalement de l'Europe.

La tâche de cette association est colossale.

D'ailleurs, son président fait remarquer qu'elle se substitue pratiquement aux mairies pour la gestion de la misère. Bien que la BAM intervienne sur toute l'île, seules 6 communes consentent à lui verser une aide.

Et fait inquiétant, à mesure que la pauvreté augmente dans le département, les moyens de la banque alimentaire de Martinique tendent à s'amenuiser. Les fonds manquent pour aider comme il se doit les familles, le local dans lequel les produits sont stockés n'est pas conforme aux règles de sécurité.

Et plus surprenant, la BAM est l'unique banque alimentaire de France à payer un loyer. Celui ci s'élève à 40 000 euros par an !

Mais sur ce point, déplore Dominique Lecomte, « les collectivités locales refusent d'investir ou même de nous aider à trouver un terrain ».

A croire, malheureusement, que l'expansion actuelle de la misère serait un problème de second ordre

François Thurenne - DOMactu.com

http://www.keldom.com/actualite/81017167914153/martinique-pauvrete-10-des-martiniquais-font-appel-a-la-banque-alimentaire/