1,0 - > 22 jours sans manger pour Laouchez
Par : benoit laouchez (IP : xxx.xxx.196.147) le 25/04/2008 03:24
Un, nom, ce n’est pas rien, qu’il s’écrive Laouchez ou autre. Surtout pour nous Antillais qui avons encore en mémoire toutes les luttes pour être nommé, avoir le droit d’exister dans un état civil au lieu d’un registre pour bétail.
Le nom est une mémoire ancestrale, bien plus que des appartenances, toute une éducation en Afrique. Il faut savoir, quand on est Traoré, se moquer des Koné ou savoir que telle fille qui porte un nom Bozo ne sera pas épousée par un Dogon au nom de très vieilles alliances entre les peuples des eaux et celui des rochers. Il faut comprendre que les louanges d’un nom chantées par les griottes ruinent ceux à qui elles sont destinées car elles lient habilement le présent d’une jeune mariée aux gloires épiques du porteur du nom… comment résistez à vider ses poches pour remercier de nous octroyez une part de la gloire passée d’un lointain parent dont nous devenons, subitement, la digne héritière
Le nom est une généalogie en Europe, une manière de remonter le cours de l’histoire et d’ancrer son avenir dans une suite de noms. S’appeler De quelque chose est être fils de prolétaire, c’est autant de moyens de mesurer le chemin parcouru et celui qu’on souhaite que nos enfants poursuivent. C’est autant de moyens de se souvenir que nous serons toujours « fils de » et que nos enfant aussi le seront…
Alors, oui, l’honneur d’un nom, cela peut paraitre « désuet », « gentillet », on peut penser que c’est une affaire privée, on peut trouver étrange de se lever le matin et de ne plus pouvoir vivre sans l’honneur du nom au point de préférer mourir que de le voir parée d’indignité… On peut trouver cela de peu d’intérêt général que de se lever en Fils de Léon et d’Anita Laouchez, en père de Olivier et de Jean Marc Laouchez et d’un autre qui est trop jeune pour qu’on le jette dans la fosse aux lions, en frère de 12 autres Laouchez et de se dire que « non ce nom ne sera pas porté avec indignité ». Je ne sais pas si vous pouvez comprendre cela, que l’honneur