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CARAIBES | Caraibes
Minimiser l’empreinte carbone sur les milieux insulaires
« La double crise de la dégradation écologique et du déclin des réserves pétrolières va avoir des répercussions massives sur tous les pays, mais encore plus pour ceux des Caraïbes et plus particulièrement encore sur l'industrie du tourisme ». Dixit le professeur David Suzuki, généticien reconnu comme l'un des militants les plus influents des questions environnementales et fondateur de la fondation éponyme.
Mercredi 30 avril 2008 11:15 | DOMactu.com | Par Rédaction
La 10ème Conférence annuelle caribéenne du tourisme durable, qui se tient en ce moment dans l'archipel des Turks et Caïcos, a ouvert sur une note alarmiste, jouée par le généticien canadien David Suzuki. Crédo : « il faut minimiser l'empreinte de l'homme sur la Terre avant qu'il ne soit trop tard ».
Devant les participants réunis par l'Organisation du tourisme caribéen (CTO), le professeur Suzuki ne mâche pas ses mots : « Le concept de durabilité signifie vivre avec nos moyens sans compromettre les opportunités pour les générations futures. Malheureusement, par le passé, ni les politiciens ni les compagnies n'ont fait de ce concept leur priorité. C'est seulement aujourd'hui qu'ils commencent à le prendre au sérieux ».
Ce partisan d'une « réforme fiscale écologique » prend à témoin les habitants des îles, selon lui « les plus aptes à comprendre les limites des ressources ».
Il avance des statistiques catastrophiques : « plus de la moitié des forêts de la planète a disparu, il n'y aura plus de grande forêt intacte dans 30 ans. Environ 50.000 espèces disparaissent chaque année. Les océans sont épuisés, chacune des grandes espèces marines « commerciales » a été réduite de 90%. Si on continue à ce rythme, il n'y aura plus d'espèces de poissons « commercialement valables » en 2048. Les économistes pensent que les économies peuvent croître indéfiniment et couvrir ainsi les besoins des populations. Or elles ne le peuvent pas. »
Même opinion sur la question particulière du tourisme : « Les économistes pensent que ce secteur peut continuer à croître indéfiniment. Mais nous devons réaliser que rien ne peut croître indéfiniment. Sinon c'est une tendance suicidaire ».
A ce stade, le transport aérien est l'industrie qui montre la plus forte empreinte carbone de tous les modes de transport. Connaissant la dépendance des îles au transport aérien, on ne voit pas très bien comment minimiser à court terme cette empreinte sur les milieux insulaires. La réflexion est d'autant plus sensible quand on sait que l'empreinte carbone des îles Caraïbes est parmi les plus faibles.
Interrogé sur d'éventuelles solutions, le professeur Suzuki est catégorique : « Nous avons seulement oublié la leçon la plus importante : nous sommes des animaux, connectés au reste de la nature. Comme les autres animaux, nous avons besoin d'air, d'eau, de nourriture, de tous ces éléments pour survivre. Nous avons donc besoin de nous concentrer sur notre empreinte écologique quotidienne. La façon dont nous voyons le monde dessine la façon dont nous le traitons ».
A méditer, par cette espèce dotée du plus grand pouvoir de destruction jamais observé en 3,9 milliards d'années de vie sur Terre, capable d'influencer son environnement biologique, physique, chimique et même social : l'Homme. DOMcaraïbes
Pour en savoir plus : www.davidsuzuki.org
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