Cuba, Guevara et guérilla riment toujours avec cinéma
Che Guevara joué par Benicio Del Toro ©2007 Morena Films / Guerrilla Films / Tele5 Cinema - All Rights Reserved
Deux jours avant l'ouverture du Festival de Cannes qui présente cette année un film consacré à la vie révolutionnaire de Che Guevera, le cinéma américain a annoncé le prochain tournage d'une biopic consacrée à Alina Fernandez, fille de Fidel Castro qui a fui Cuba déguisée en touriste espagnole. La révolution castriste continue de fasciner le grand écran.
« Moresco Productions, dirigé par le réalisateur oscarisé Bobby Moresco, co auteur de « Crash » et co producteur de « Million Dollar Baby », s'est allié à
Artists Relations Group (ARG) pour produire à l'écran la vraie vie de Alina Fernandez, la seule fille du leader de l'ère communiste à Cuba, Fidel Castro ».
Le ton du communiqué de presse reçu en début de semaine ne laisse pas de place au doute : cette biopic sera sans doute très critique vis-à-vis du père de la révolution cubaine.
Tout le contraire du documentaire d'Oliver Stone consacré au « Comandante » tourné il y a quelques années et disponible aujourd'hui en feuilletons sur YouTube.
A l'issue du tournage, Stone avait déclaré : « Fidel est magnétique et charismatique. Il est une star de cinéma ».
Le projet dévoilé lundi par ARG commence au lendemain de la prise de pouvoir à Cuba de Fidel Castro avec son compagnon Che Guevara, en 1958.
La fille de Fidel « passe son enfance dans les ombres, ne comprenant qu'à l'âge de 10 ans que l'homme qui lui rendait visite la nuit et qu'elle voyait à la télévision tous les jours était son père » écrit ARG qui dévoile aussi les grandes lignes : « En 1993, après des années de silence à propos de ses divergences personnelles avec son père, elle risque l'exil permanent en fuyant Cuba déguisée en touriste espagnole pour finalement s'installer aux Etats-Unis. Fernandez est reconnue dans le monde entier pour son franc-parler et ses critiques à propos de Castro. Elle sera directement impliquée dans l'écriture du scénario dont les perspectives historiques seront inspirées par sa vie de fille de l'un des leaders les plus controversés de l'histoire ».
L'annonce de ce projet coïncide avec la présentation à Cannes d'une autre biopic consacrée à l'autre héros de la révolution cubaine : Che Guevara.
Le film en deux parties d'une durée totale de près de 5h (268 minutes, aussi long qu'un discours de Castro quand il étant encore en forme) a été réalisé par l'Américain Steven Soderbergh.
« Che » est un peu la suite chronologique du « Diarios de motocicleta » de Walter Salles sorti il y a quatre ans et qui racontait le périple en Amérique latine du jeune étudiant argentin en médecine, Ernesto Guevara, avant qu'il ne devienne le Che.
La première partie débute le 26 novembre 1956, quand Fidel Castro embarque pour Cuba avec quatre-vingts rebelles. Parmi eux, Ernesto « Che » Guevara (incarné par Benicio Del Toro), le médecin argentin qui partage avec Fidel Castro un même objectif : renverser le régime corrompu du dictateur Fulgencio Batista. Cet épisode retrace l'ascension du Che au cours de la révolution cubaine, d'abord médecin, puis commandant et enfin héros révolutionnaire.
La deuxième partie se situe au lendemain de la révolution cubaine, quand le Che est au sommet de sa notoriété et de sa puissance. Il disparaît ensuite pour réapparaître incognito en Bolivie, où il prépare un petit groupe de camarades cubains et de recrues boliviennes à la grande révolution latino-américaine.
La chronique de cette campagne bolivienne veut démontrer une histoire de ténacité, de sacrifice, d'idéalisme et de guérilla qui finira par échouer, entraînant la mort du Che qui devient alors une icône, le « Christ Guérillero ».
Depuis quelques années, on ne compte plus le nombre de vedettes d'Hollywood qui font le déplacement à La Havane pour s'entretenir longuement avec Fidel Castro.
Le réalisateur Steven Spielberg, qui avait passé la nuit attablé avec Fidel, avait confessé qu'il venait de passer « les huit heures les plus importantes de sa vie ».
En 1998, trois heures de conversation avec Fidel avaient suffit à l'acteur Jack Nicholson pour le comparer à « un génie ».
En 1999, le mannequin Naomi Campbell était aussi tombée sous le charme latino du vieux Barbudos, que d'aucuns comparent à un « Bill Clinton cubain » et à qui l'on prête un millier d'aventures amoureuses. « Il est une source d'inspiration pour le monde » avait décrété le top-model.
Robert Redford, Sidney Pollack, Spike Lee, Oliver Stone, Danny Glover, Harry Belafonte, Shirley MacLaine, Alanis Morissette, Leonardo DiCaprio, Kevin Costner ont tous fait leur pèlerinage à Cuba et rendu hommage à l'ancien compagnon du Che.
Quelques années auparavant, la vague était plutôt française, à l'image de cette élite française des Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, Françoise Sagan et Régis Debray, des époux Mitterrand et d'autres encore, qui ne boudaient pas une petite cure d'hypnose exotique au pays du romantisme castriste.
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