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Festival de musique en Guadeloupe : la Polémique

Commentaire d'un internaute.

Nicole Guglielmetti - jeudi 29 mai 2008 à 11:59:18 - IP xx.xx.208.253
Bonjour à tous,
Pendant que nous polémiquons sur le nom de celui qui remportera l'appel d'offre pour le Festival des musiques de la Caraïbe, nous perdons de vue les conditions dans lesquelles vivent les musiciens professionnels de la Guadeloupe.
Combien y a-t-il d'Intermittents du spectacle en Guadeloupe ? et combien de musiciens bénéficient de l'Intermittence ?
J'ai, au cours de la dernière réunion COREPS entendu qu'il y avait (je l'ai noté) entre 300 et 500 Intermittents. Cela fait déjà un écart de 200
Intermittents. Ce n'est pas sérieux.
Voici la lettre que j'ai adressé à Monsieur le Préfet de la Guadeloupe, le 12 février 2008, restée sans réponse jusqu'à ce jour.
J'ai adressé copie de cette même lettre au Ministère de la Culture, à Madame ALBANEL, en Recommandé avec AR, le 5 avril 2008, restée également sans réponse jusqu'à ce jour. Vos réponses m'intéressent.

Monsieur le Préfet de la Guadeloupe

C/o de Monsieur Laurent HEULOT
Directeur de la DRAC

Basse-Terre, le 12 février 2008

Concerne : Les musiciens dits « Intermittents du spectacle »

Monsieur le Préfet,

En vue de la prochaine réunion COREPS, je me permets de porter à votre connaissance un constat (témoignage individuel) sur la situation financière de beaucoup de musiciens dits « Intermittents du spectacle » en Guadeloupe.

En Guadeloupe, bon nombre de musiciens ne peuvent effectuer 507 heures en 10 mois, c’était déjà très difficile pour ne pas dire impossible en 12 mois.

Ne pouvant effectuer 507 heures, les artistes musiciens ne peuvent donc atteindre le statut d’Intermittent du spectacle, pourtant ils cotisent à toutes les caisses imposées par la législation (licences 2 et 3) et ne bénéficieront jamais de ce statut. Ils alimentent les caisses. Personnellement, je trouve que ce n’est pas supportable.
D’autre part, lorsque les musiciens jouent pour une collectivité, ils sont payés 45 jours et plus après la prestation. Ces mêmes collectivités et/ou mairies n’ont pas forcément de licences 2 et 3.

Le montant des cotisations est important (+ de 60 %) ce qui diminue d’autant le gain de chaque musicien, mais augmente considérablement le prix d’une prestation que beaucoup d’organisateurs ne peuvent plus supporter.

· Résultat :
o Des DJ sont engagés avec facture, ou non, à la fin de la prestation.
o Bon nombre de prestations (au noir) représentent une économie parallèle relativement importante.
o Les musiciens professionnels ont de moins en moins de contrats.

Mais plus grave, encore, si rien n’est fait pour changer leur condition de vie, il n’y aura plus de musiciens professionnels guadeloupéens d’ici quelques temps. De plus, les quelques producteurs répertoriés sur ce marché, ne promotionnent pas les musiciens guadeloupéens, mais sont essentiellement tournés vers les artistes venant d’ailleurs (absence de projet culturel en Guadeloupe).

Le marché guadeloupéen est trop restreint pour que soient appliquées toutes ces obligations de cotisations. Les musiciens professionnels ne peuvent vivre de leur art, d’où toutes les déviances auxquelles on assiste.

En Guadeloupe, pour être Intermittent du spectacle, un musicien professionnel ne peut faire, au plus, que 300 heures en 10 mois et les charges sociales ne peuvent excéder 30 %. Au-delà, 60 %, comme c’est le cas actuellement, c’est intolérable pour les producteurs, pour les organisateurs et pour les musiciens.

Je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, à l’expression de ma haute considération.


Nicole Guglielmetti
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