Martinique | Infos Locales
Matinik cé ta nou Matinik cé pa ta yo : Le débat !
Ce samedi matin s'est tenu au palais des congrès de Madiana l'atelier numéro 8 des états-généraux; celui portant sur la mémoire, la culture et l'identité. Pour les intervenants il s'agissait de définir le « Nou » du Manik cé ta nou et le « Yo » du Matinik cé pa ta yo; slogan phare du mouvement de février dernier. Un débat passionné ou Béké et Martiniquais de couleur n'ont pas fini de polémiquer ! Compte rendu.
[ 13/06/2009 14:31 | DOMactu.com | Par Marie Jean ]
Les békés les boucs émissaires des problèmes sociaux et identitaires de la Martinique ?
C'est en gros sous cette question qu'aurait pu se résumer l'atelier numéro 8 des EGOM de ce samedi matin.
Durant près de trois heures, une cinquantaine de personnes vont intervenir sur le rôle des békés et des blancs en Martinique.
Ces derniers sont en quelque sorte accusés de vouloir perpétuer une forme de domination économique. Certains intervenants vont dénoncer le refus affiché des Békés d'embaucher des cadres noirs préférant faire venir des cadres blancs de la France.
Un homme d'une quarantaine d'années, prendra la parole pour raconter comment une entreprise béké avait refusé de lui céder un poste vacant de chef comptable alors qu'il était le plus ancien de la boîte. L'entreprise préférera, par la suite, embaucher un chef comptable dans l'Hexagone.
Une jeune femme cadre supérieur, en revanche, expliquera que les békés lui ont offert la chance de travailler en Martinique, tout en reconnaissant que la grande majorité des cadres sont blancs.
Autre point, sur lequel les participants ne manqueront pas d'intervenir : le fameux documentaire : Les derniers maîtres de la Martinique. Si pour certains ce documentaire n'était qu' « un montage grossier » destiné à mettre le feu aux poudres, d'autres ont préféré y voir « la pure réalité béké ».
La contre grève des planteurs de bananes, celle qui avait donné lieu à des affrontements musclés entre grévistes et non grévistes sur la rocade le 6 mars dernier, sera mise également sur le devant de la scène. Et là, les planteurs békés seront aussi accusés d'être les responsables de cette montée de violence.
Vers la fin de l'atelier, une femme béké prend la parole. Elle dira être venue pour essayer de comprendre ce qui avait provoqué le mouvement du 5 février dernier. Mais au final c'est une « haine à l'encontre des békés, une haine qu'elle n'imaginait pas » qu'elle constatera.
Elle finira par conclure que les martiniquais noirs n'ont qu'à créer leurs propres structures plutôt que d'accuser les békés.
Enfin le moment fort de cet atelier restera l'échange un peu musclé entre le béké De Reynal et le patron du journal le Naïf : Camille Chauvet.
De Reynal qui devait, au départ conclure le débat, parlera de son identité martiniquaise, des actions menées par les békés pour les Martiniquais, notamment après le crash d'aout 2005 où par exemple, il avait voulu réunir un pécule suffisant pour venir en aide à deux jeunes franciscains orphelins.
Il racontera que seuls les patrons békés avaient accepté de cotiser ; les patrons « noirs » ayant tous refusé.
A cet instant, il sera coupé par Camille Chauvet qui lui demandera de ne pas parler de noirs mais de Martiniquais. Camille Chauvet reviendra sur toutes les humiliations commises par les békés. Il sera de nouveau coupé, par la femme Béké qui lui signifiera qu'il avait interdit aux békés de venir manifester le 22 mais jour de l'abolition de l'esclavage.
Enfin Camille Chauvet conclura que le « Yo » du Matinik cé pa ta yo s'adresse aux blancs et non aux békés qu'il considère, malgré tout comme martiniquais.
Cet atelier devait au départ répondre à une question centrale : comment définir le Martiniquais ? Il s'est finalement transformé en débat sur le rôle légitime ou illégitime joué par les békés dans la société martiniquaise..
C'est en gros sous cette question qu'aurait pu se résumer l'atelier numéro 8 des EGOM de ce samedi matin.
Durant près de trois heures, une cinquantaine de personnes vont intervenir sur le rôle des békés et des blancs en Martinique.
Ces derniers sont en quelque sorte accusés de vouloir perpétuer une forme de domination économique. Certains intervenants vont dénoncer le refus affiché des Békés d'embaucher des cadres noirs préférant faire venir des cadres blancs de la France.
Un homme d'une quarantaine d'années, prendra la parole pour raconter comment une entreprise béké avait refusé de lui céder un poste vacant de chef comptable alors qu'il était le plus ancien de la boîte. L'entreprise préférera, par la suite, embaucher un chef comptable dans l'Hexagone.
Une jeune femme cadre supérieur, en revanche, expliquera que les békés lui ont offert la chance de travailler en Martinique, tout en reconnaissant que la grande majorité des cadres sont blancs.
Autre point, sur lequel les participants ne manqueront pas d'intervenir : le fameux documentaire : Les derniers maîtres de la Martinique. Si pour certains ce documentaire n'était qu' « un montage grossier » destiné à mettre le feu aux poudres, d'autres ont préféré y voir « la pure réalité béké ».
La contre grève des planteurs de bananes, celle qui avait donné lieu à des affrontements musclés entre grévistes et non grévistes sur la rocade le 6 mars dernier, sera mise également sur le devant de la scène. Et là, les planteurs békés seront aussi accusés d'être les responsables de cette montée de violence.
Vers la fin de l'atelier, une femme béké prend la parole. Elle dira être venue pour essayer de comprendre ce qui avait provoqué le mouvement du 5 février dernier. Mais au final c'est une « haine à l'encontre des békés, une haine qu'elle n'imaginait pas » qu'elle constatera.
Elle finira par conclure que les martiniquais noirs n'ont qu'à créer leurs propres structures plutôt que d'accuser les békés.
Enfin le moment fort de cet atelier restera l'échange un peu musclé entre le béké De Reynal et le patron du journal le Naïf : Camille Chauvet.
De Reynal qui devait, au départ conclure le débat, parlera de son identité martiniquaise, des actions menées par les békés pour les Martiniquais, notamment après le crash d'aout 2005 où par exemple, il avait voulu réunir un pécule suffisant pour venir en aide à deux jeunes franciscains orphelins.
Il racontera que seuls les patrons békés avaient accepté de cotiser ; les patrons « noirs » ayant tous refusé.
A cet instant, il sera coupé par Camille Chauvet qui lui demandera de ne pas parler de noirs mais de Martiniquais. Camille Chauvet reviendra sur toutes les humiliations commises par les békés. Il sera de nouveau coupé, par la femme Béké qui lui signifiera qu'il avait interdit aux békés de venir manifester le 22 mais jour de l'abolition de l'esclavage.
Enfin Camille Chauvet conclura que le « Yo » du Matinik cé pa ta yo s'adresse aux blancs et non aux békés qu'il considère, malgré tout comme martiniquais.
Cet atelier devait au départ répondre à une question centrale : comment définir le Martiniquais ? Il s'est finalement transformé en débat sur le rôle légitime ou illégitime joué par les békés dans la société martiniquaise..
Marie Jean - DOMactu.com
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