Phil 1/ - jeudi 25 juin 2009 à 10:15:31 - IP xx.xx.173.44
Le récent remaniement ministériel vient de mettre à la tête du secrétariat à l’Outre mer une Guadeloupéenne Mme Penchard.
Je n’ai rien pour ou contre cette personne et je m’interdirais tout commentaire « politique ».
Ce qui me pose problème c’est plutôt le concert de réactions locales.
Une Antillaise enfin va prendre ce ministère ; Une Antillaise c’est mieux pour nous ; Une Antillaise car il faut des Antillais pour les Antilles (et les pour les autres TOM et Collectivités ?).
Et bien à titre personnel, je trouve que c’est une très mauvaise idée.
Trop de gens ici se sclérosent avec cette idée loufoque que seuls des antillais peuvent comprendre les Antilles, qu’il y aurait ici une spécificité tellement particulière que seuls les antillais peuvent gérer leur région.
Heureusement pour les Antilles et les antillais, il n’y a rien ici de bien particulier à comprendre. Il s’agit d’un territoire et de populations comme les autres et leurs particularismes s’ils sont bien réels, n’ont rien d’extraordinaire et c’est tant mieux !
Il vaut mieux être comme tout le monde que de se croire vraiment différent ou alors faudrait-il que cette revendication de la différence soit justifiée par quelques excellences remarquables.
A mon avis il y a un grand danger à ce que le pouvoir soit décentralisé ici. L’habitude locale d’une politique de clientélisme très marquée rend l’exercice du pouvoir trop risqué si ce pouvoir n’est pas équilibré par une instance extérieure.
Déjà les jeux politiques nationaux engendrent des positions partisanes mais qu’en sera-t-il si le pouvoir est entièrement détenu par des instances locales sans contrôle étatique ?
La décentralisation en rapprochant le pouvoir des citoyens peut sembler sur le papier une bonne idée. Moi je la crois au contraire très dangereuse car elle ouvre la porte aux petits potentats locaux incontrôlables et aux pires exactions de favoritisme.
C’est vrai qu’une loi nationale peut sembler injuste lors de certaines applications mais que dire du pouvoir de copinage, des passe-droits de personnes, de quartiers, de communes ?
Or ici tout le monde le sait c’est comme cela que fonctionne une trop grande part de la vie politique.
« Fais ça pour moi ! » …
Alors imaginons un peu le désastre en cas d’une plus grande autonomie locale ou même d’une éventuelle indépendance.
Mme Penchard va devoir lutter contre les interférences de ses connaissances locales (et que dire de sa filiation personnelle …), sa crédibilité va se trouver systématiquement compromise par ses alliances sur le terrain, son relationnel personnel. C’est exactement ce qu’il ne faut pas ici !
Parfois le pouvoir central est le garant, par son impersonnalité et sa « hauteur » d’une évidente justice globale.
Il est faux de croire que pouvoir local rime avec pouvoir juste, bien au contraire.
Nous le constatons ici régulièrement, des chefs de bandes plus ou moins organisées n’attendent que le moindre dérapage de la légitimité républicaine pour s’emparer du pouvoir et parfois, comme en mars et mai derniers, ils tentent de favoriser les dérapages par la force.
Et il ne s’agit pas d’une volonté de pouvoir pour le bien du bon peuple mais bien pour l’exercice du pouvoir dans son sens le plus « africain » du terme. (En Afrique les dictatures les plus tragiques s’appellent souvent des Républiques Démocratiques. Les tyrans ont le sens de l’humour.
1,1 - JMJ - dimanche 28 juin 2009 à 09:24:22 - IP xx.xx.145.205
Je vous remercie comme beaucoup de la qualité de votre intervention même si je ne suis pas entièrement d'accord sur ce point précis.
Quand on nomme un premier ministre, on ne se pose pas la question de savoir s'il vient de telle ou telle région, il devient le premier ministre de toute la France et de tous les français. Personne ne penserait à nommer un alleand ou un italien chef du gouvernement pour plus d'impartialité.
Certes, on ne peut nier la tradition clientéliste de notre classe politique, maintenant est-ce une fatalité?
Je considère simplement Madame Penchard comme une française, originaire de Guadeloupe, et chargée de s'occuper de tous les DOM-TOM (qu'on se le dise!). Son origine lui confère une certaine connaissance des réalités domiennes mais ne font nullement d'elle "LA SOLUTION". Son efficacité à ce poste dépendra, et je vous rejoins à ce niveau, uniquement de sa bonne appéciation de la situation domienne, situation par ailleurs spécifique mais pas extraordinaire.
Mais il ne faut pas non plus que son origine devienne un handicap.
Sinon, celà voudrait dire deux choses : soit qu'un antillais soit incapable de diriger avec justice, soit que nos populations ne peuvent pas supporter d'être gouvernées par un ou une antillaise.
Je sais que malheureusement, beaucoup le pensent, et ce n'est pas les grèves récurrentes réclamant la tête de directeurs noirs (ASFO, Maison de l'enfance, CHU à l'époque,)par ceux-la même (UGTG) qui prônent la promotion des ethnies noires, qui leur prouvent le contraire.
Néanmoins, je pense que le progrès de notre population passe par le fait que des antillais soient capables de répondre à des enjeux politiques de haut niveau, qu'il fallait lever ce tabou et je lui souhaite le succès et bonne chance (elle va en avoir besoin!! )